Interview entre Olivia MILAN-Directrice du salon All4Pack (Comexposium) et Michel FONTAINE-Président du CNE

Interview entre Olivia MILAN-Directrice du salon All4Pack (Comexposium) et Michel FONTAINE-Président du CNE

Question MF

All4Pack 2020 n’aura pas lieu cette année pour cause de Covid, peut-on revenir un instant sur les forces qui auraient fait la réussite du salon et comment capitaliser dessus pour imaginer des événements virtuels malgré tout en novembre ; quelles dates pour 2022 ?

Réponse OM

Au-delà de son rôle majeur : sans contenant,  la sécurité alimentaire, la consommation et la distribution de certains produits se  révéleraient tout simplement impossibles, le secteur de l’emballage poursuit sa mutation pour préserver nos ressources et notre planète, dans un cadre législatif contraignant. L’emballage est donc à réinventer.

Précurseur de toutes les solutions durables d’emballage et de l’intra-logistique, ALL4PACK 2020 s’était donné pour mission d’accompagner les professionnels pour faire face à cette révolution sans précédent ; En se plaçant sous le signe du développement durable, de l’emballage du futur, que cela soit en terme de solutions spécifiques, durables et responsables en packaging, que sur le choix de solutions sur mesure et/ou performantes en terme de processing, printing ou logistics.

Nous avions également prévu la sortie d’un livre blanc, La Révolution de l’emballage, Première période, L’émergence de nouvelles solutions dont nous prévoyons la présentation lors d’un webinar, fin novembre prochain aux dates auxquelles ALL4PACK aurait dû se tenir.

Question OM

Par effet rebond, le CNE ne pourra pas organiser sa 4ème table ronde européenne dédiée à l’écoconception. En fonction de la situation sanitaire, comment le CNE va-t-il faire passer ses messages et comment s’organise-t-il dans ces conditions pour susciter l’intelligence collective, pour créer des évènements ?

Réponse MF

La crise de la Covid 19 cumule à court terme deux inconvénients : une crainte légitime des travailleurs pour eux-mêmes et leurs proches et une focalisation des entreprises sur leur propre résilience. Ce qui fait que la disponibilité des uns et des autres pour un effort collectif a été et est encore fortement limitée. Nous le vivons notamment dans le nombre restreint de participants à nos groupes de travail en 2020. Cette contrainte doit nous rendre créatifs et le CNE réfléchit à de nouveaux moyens de collaboration et d’expression. L’annulation de All4Pack pour cette année ne fait qu’ajouter à l’urgence de trouver de nouvelles solutions.

Question MF

Comme vous l’écrivez, une nouvelle ère s’ouvre et la mission d’All4Pack, malgré l’annulation du salon, est d’accompagner les professionnels pour faire face à une révolution sans précédent.

Là où le CNE parle de Juste Emballage, All4Pack propose une vision Zéro impact, comment faire converger ces deux concepts afin que les metteurs en marché s’y retrouvent ?

Réponse OM

Juste emballage et emballage zéro-impact ne s’opposent pas. Bien au contraire.

Nous avions en effet prévu de mettre l’accent sur l’emballage zéro impact au travers d’un espace, réunissant les acteurs éco-responsables et engagés, les acteurs du changement qui proposeront des solutions innovantes et agiles pour le packaging : start up innovantes, jeunes entreprises engagées dans les challenges environnementaux de l’industrie du packaging.

Notre objectif, à travers cet espace d’échanges, était de poser les questions, de proposer des solutions, de co-construire l’avenir avec les metteurs en marché, les industriels, les acteurs engagés afin d’apporter un regard juste sur l’emballage de demain, en répondant aux enjeux et questionnements des industriels et des consommateurs. C’est avant tout le rôle du salon et sa raison d’être. Nous continuerons aux côtés du CNE d’ici la prochaine édition, rdv en novembre 2022.

Question OM

D’un point de vue conjoncturel, le monde de l’emballage a dû répondre présent à l’épreuve du confinement car « point d’emballage, point de produit ». Le CNE va-t-il prendre ce fait pour montrer que l’emballage fait partie du quotidien du consommateur, du citoyen ?

Réponse MF (GT Pourquoi/colloque)

Je ne parlerai pas de divine surprise mais quand le gouvernement s’est rendu compte que les emballages pour l’alimentation et la santé étaient eux aussi « essentiels », cela nous a rassurés.  Trop souvent, ONG, Médias et Pouvoirs Publics ont une fâcheuse tendance à ne parler que des emballages vides qu’il faut éradiquer. Pour prendre une image, nous sommes passés soudainement de la rubrique déchets du Ministère de l’Environnement à celle de l’Industrie à Bercy. A nous de rebondir rapidement pour capitaliser sur cette reconnaissance. Nous y travaillons avec la filière des machines qui est très complémentaire des emballages. Cette complémentarité est tellement évidente d’ailleurs que All4Pack les associent dans un même salon depuis longtemps.

Question MF

All4Pack a réalisé un sondage IFOP sur l’emballage durable, réalisé après le confinement, quels en sont les principaux enseignements ?

Réponse OM

L’étude IFOP, réalisée sur un échantillon représentatif de 1001 personnes, montre que les Français trouvent majoritairement que les emballages sont extrêmement utiles ou très utiles. Cette proportion est plus importante auprès des séniors (66% contre 22% chez les 18-24 ans), une sorte de grand écart de perception générationnel.

Si en tant que professionnels, nous savons bien que les emballages jouent un rôle primordial pour la sécurité des produits et donc des consommateurs, les Français semblent clairement en avoir conscience. Et depuis la crise encore plus. Cependant, cette utilité se confronte à une volonté sociétale forte et pérenne de changement dans la conception et l’utilisation des emballages pour mieux répondre aux enjeux et défis environnementaux. Ainsi, 1/3 des Français privilégiait l’achat de produits avec moins d’emballage avant le Covid-19 et ils restent 60% à continuer à le faire malgré la crise sanitaire.

Cette épidémie du Covid-19 ne sera pas sans laisser de traces dans le changement de comportement des consommateurs, en soulignant l’impact sur la sécurité sanitaire : Bien que 60% des sondés disent ne pas avoir changé de comportement vis-à-vis des emballages, 40% déclarent acheter, aujourd’hui, davantage de produits avec emballage depuis la crise sanitaire du Covid-19. Ils sont plus nombreux encore à faire ce choix dans les régions Nord-Est (48%) et les grandes agglomérations (45%) où la propagation du virus a été plus importante.

Les résultats du sondage montrent par ailleurs qu’une large majorité de Français (61%) considère que les industriels ne font pas suffisamment d’efforts dans la conception d’emballages durables. Pourtant, on n’observe pas de « note sanction » de la part des consommateurs (la valeur extrême négative ne s’élève qu’à 17%).

L’emballage a de beaux jours encore devant lui !

Question OM

Nous sommes bientôt à fin 2020, quels sont les chantiers sur lesquels le CNE travaille ? et comment All4Pack peut-il contribuer ?

Réponse MF

Comme c’était prévu dans notre feuille de route, nous continuons grâce à nos groupes de travail d’illustrer très concrètement les fonctionnalités de l’emballage. Santé, hygiène, sécurité, process… Sur le fond, rien de nouveau car nous avons déjà tout écrit. Sur la forme par contre, nous comptons sur un angle très didactique, très imagé, pour faire une pédagogie encore plus efficace. Nous savons que All4Pack et Fabrice Peltier avaient préparé tout un travail sur le futur des emballages. Il nous tarde d’en voir le contenu afin d’enrichir encore notre démarche.

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