Interview de Manuel BURNAND – Directeur général de FEDEREC

Interview de Manuel BURNAND – Directeur général de FEDEREC

 1. Pouvez-vous nous présenter votre fonction et les activités de Federec en quelques mots ?

Ingénieur matériaux de formation, j’ai pris la Direction Générale de FEDEREC en 2016, après un parcours de 25 ans sur le Recyclage, chez RENAULT d’abord puis chez Derichebourg ensuite comme Directeur Environnement.

Outre la défense des intérêts des entreprises du recyclage, FEDEREC porte différents projets transversaux comme un logiciel sur les économies de CO2 du recyclage ou bien le Centre d’Expertise du Recyclage qui a vocation à associer les différentes parties prenantes autour des questions de recyclabilité sur les différents secteurs économiques.

FEDEREC est structurée en 8 syndicats de région et 12 filières, dont les filières plastiques, papiers-cartons, métaux ferreux et non ferreux et verre qui concernent l’emballage. Nos entreprises adhérentes interviennent aussi bien sur les marchés des entreprises, notamment les emballages commerciaux, que sur les marchés des déchets des collectivités locales.

Poussé par une réglementation toujours plus ambitieuse, notre secteur est vecteur de dynamisme économique local, avec près de 28 000 emplois directs non délocalisables créés sur le territoire français au sein d’un tissu de 1100 entreprises constitué de groupes, PME et ETI qui collectent, trient et préparent les déchets pour en produire des Matières Premières de Recyclage (MPR).

2. Federec a rejoint cette année le CNE en tant qu’adhérent à son 4ème collège : pourriez-vous nous expliquer ce qui mobilise Federec à soutenir le CNE et ses actions ?

Le secteur de l’emballage est au cœur de nombreux enjeux liés aux exigences environnementales et à l’évolution des modes de consommation. Dans ce contexte, il est important de rassembler les différents acteurs de la chaine de valeur de l’emballage.

Les recycleurs, grâce à leur expertise, constituent un maillon essentiel de cette chaîne avec une connaissance de la recyclabilité réelle des produits et jouent un rôle majeur dans l’incorporation de matières premières issues du recyclage dans les nouveaux produits.  Ils peuvent intervenir valablement dans l’écoconception des emballages et en particulier l’évaluation de la recyclabilité.

Il était donc important que les recycleurs puissent ainsi contribuer aux travaux du CNE, aux côtés des autres acteurs concernés tels que les metteurs en marché.

3. Vous avez participé activement au groupe de travail CNE « L’emballage après consommation du produit ».

  • Que pensez-vous de l’animation de ce GT et du document délivré ?
  • Avez-vous des suggestions d’amélioration ?

Nous sommes heureux d’avoir participé à l’élaboration du Rapport du CNE sur « l’emballage après consommation du produit ». Le contenu est particulièrement qualitatif et permet de rassembler des informations clés du secteur de l’emballage spécifiquement.

Concernant la méthode, mettre à contribution l’ensemble des acteurs selon leurs expertises permet de traiter la diversité des aspects du sujet. Toutefois, en contrepartie, une vigilance est nécessaire pour assurer la cohérence globale du document final afin que les messages soient bien compris.

4. Le CNE est à l’écoute de ses adhérents, quels sont les grands thèmes émergents ou non que le CNE pourrait investiguer dans le cadre de ses futurs groupes de travail ?

Nous sommes très satisfaits qu’un GT sur l’incorporation de matière recyclée soit lancé au sein du CNE, c’est une suite cohérente au rapport sur la fin de vie de l’emballage. En effet, l’utilisation de matières premières issues du recyclage est une priorité environnementale pour impulser de meilleures pratiques d’une production industrielle moins consommatrices des ressources naturelles de notre planète. C’est d’ailleurs le premier objectif de la Feuille de route « économie circulaire » en ce qui concerne spécifiquement le plastique.

Par ailleurs, le développement des débouchés des matières premières issues du recyclage est bien sûr une condition essentielle au développement des filières de recyclage. En effet, faute de modèle économique viable, certains matériaux souvent utilisés pour les emballages souffrent d’un manque de débouchés et ne sont donc pas recyclés.

L’état des lieux du CNE sur les qualités, les quantités de matière et les engagements des différents acteurs permettra de renforcer la dynamique créée par la Feuille de route « économie circulaire » et les engagements volontaires qui s’en sont suivis.

Pour la suite, le CNE pourrait se pencher sur les systèmes REP emballages ménagers et aussi industriels et commerciaux (selon les orientations prises par le Ministère), l’extension des consignes de tri, …

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