Interview de Bruno SIRI –  Délégué Général du Conseil National de l’Emballage

Interview de Bruno SIRI – Délégué Général du Conseil National de l’Emballage

  1. Le CNE a publié en juillet dernier son nouveau guide méthodologique d’écoconception des produits emballés, pouvez-vous nous expliquer comment s’élabore un document CNE ?

Les documents du CNE sont le fruit de l’intelligence collective de ses partenaires et adhérents : sur une durée de six mois et lors de 4 réunions d’une demi-journée, les participants à nos groupes de travail échangent sur des thématiques bien précises. Généralement, un document CNE est produit grâce aux éléments d’informations et aux débats d’idées de 20 à 40 personnes.

S’agissant du guide méthodologique d’écoconception, j’en profite pour remercier les 23 personnes qui ont contribué à la rédaction de celui-ci. Des personnes qui représentent toute la chaine de valeur du produit emballé, qu’il s’agisse des designers, des emballagistes, des metteurs en marché, des acteurs en vue de la fin de vie de l’emballage, des ONG consommateurs ou environnement, ou des institutions publiques comme l’Ademe.

J’en profite pour rappeler qu’il s’agit bien d’un guide pour toute écoconception d’un produit emballé et non d’un emballage car, pour le CNE l’écoconception d’un emballage n’a pas franchement de sens car le consommateur, l’utilisateur achète bien un produit emballé ; il n’achète pas des emballages.

  1. Quels éléments majeurs les acteurs du monde du produit emballé doivent-ils retenir du document d’écoconception ?

Ce guide est une révision conséquente du document de 2012 qui prend en compte le contexte réglementaire européen et national et les évolutions sociétales au sujet de l’emballage, il était important de réaliser cette mise à jour. Comme évolution majeure, je propose de retenir deux prérequis indispensables avant de se lancer dans tout développement de produit et de son emballage :

  • Être en conformité avec la règlementation en vigueur

Cela parait évident mais cela va mieux en le martelant !

  • Développer tous ensemble où chacun expose ses contraintes et ses solutions :

« Tous ensemble » signifie TOUS les acteurs, aussi bien les services de l’entreprise que les parties prenantes externes à l’entreprise (designers, fournisseurs machines et emballage, consommateurs, etc.)

Au-delà de ces 2 prérequis, 4 thèmes regroupant 26 questions à se poser ont été identifiés par le groupe de travail :

  • L’emballage au service du produit emballé
  • Le produit emballé au service du consommateur/utilisateur
  • Un moindre impact environnemental de l’emballage
  • L’emballage après consommation du produit
  1. Ce guide méthodologique propose ainsi 26 questions pour une écoconception réussie, pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

J’invite le lecteur à télécharger le document sur notre site internet, c’est gratuit et c’est ici : https://conseil-emballage.org/ecoconception-des-produits-emballes-guide-methodologique/

Les questions doivent être posées en se préoccupant du système complet de l’emballage (emballage primaire, secondaire et de transport), du respect de l’usage par le consommateur ou l’utilisateur (il ne s’agit pas de dégrader le service rendu), de réfléchir analyse de cycle de vie complet multicritères et multi étapes. Les questions que l’on doit se poser touchent à chacune des étapes du cycle de vie du produit emballé que ce soit à la production de l’emballage chez le fournisseur, au conditionnement du produit, à sa logistique, à son stockage, à sa conservation/protection, à la lutte contre la perte/gaspillage du produit, à son usage et à la fin de vie-nouvelle vie de son emballage.

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