Interview de Bernd Philipp Docteur en sciences de gestion et enseignant Chercheur à l’ESCE (Ecole Supérieure du Commerce Extérieur) Paris

Interview de Bernd Philipp Docteur en sciences de gestion et enseignant Chercheur à l’ESCE (Ecole Supérieure du Commerce Extérieur) Paris

Pouvez-vous nous présenter votre activité/vos sujets de travaux de recherche ?

Je suis enseignant chercheur à l’ESCE Paris (Ecole Supérieure du Commerce Extérieur) en logistique et supply chain management. A ce titre, je contribue à la formation de nos étudiants – futurs cadres – dans cette spécialisation appréhendant le monde économique à travers ses flux physiques et informationnels, « du fournisseur du fournisseur jusqu’au client du client ». Côté recherche, mes travaux et publications au bénéfice du Circee (Paris) et du CRET-LOG (Aix en Provence) portent notamment sur la logistique durable (interprété dans le sens du développement durable), sur l’interface logistique B2C/ marketing et sur les innovations en logistique/ SCM.

Quelles sont les préoccupations majeures de l’ESCE (Ecole Supérieure du Commerce Extérieur) en regard du monde de l’emballage ?

Le CNE peut-il être légitime à documenter certaines de ces préoccupations voire à réaliser des cycles de conférences de vulgarisation de l’emballage auprès des étudiants de l’ESCE ?

L’emballage remplit plusieurs fonctions qui concernent directement l’entreprise et ses cadres ou dirigeants, comme la fonction marketing (l’emballage en tant que « vendeur muet »), la fonction logistique (l’emballage protecteur) et la fonction écologique/ sociale (emballage et développement durable). Toutes ces fonctions concernent directement ou indirectement les nombreux savoirs, connaissances, méthodes et outils que nous transmettons à nos étudiants, futures cadres d’entreprise. Peu importe la spécialisation qu’a choisi l’étudiant à l’ESCE (marketing international, SCM, entrepreneuriat,..), la question d’emballage sera d’actualité dans son entreprise pour produire, vendre, protéger, mettre en scène, promouvoir et suivre en temps réel des produits, voire certains services (exemple : coffrets loisirs comme la smartbox). En ce qui concerne ma spécialisation, à savoir la logistique et le SCM, l’emballage occupe une place centrale, car il contribue directement à la qualité du service logistique et à sa performance (« le bon produit au bon endroit au bon moment dans la bonne condition au bon coût… »). Et cela quel que soit le type d’emballage en question : l’emballage primaire envers le consommateur, l’emballage secondaire envers le shopper et le détaillant, l’emballage tertiaire envers l’industriel ou le transporteur. L’ESCE étant ouverte à toute interaction enrichissante avec les préoccupations majeures du monde professionnel, les échanges avec le CNE sous forme de conférences, séminaires, stages ou autres peuvent effectivement représenter un atout considérable au sein de la construction du projet professionnel de nos étudiants. Ceci est notamment vrai en niveau « master2 » (dernière année de l’ESCE) : non seulement les étudiants commencent-ils à chercher un premier emploi en CDD ou CDI à ce moment-là, mais leur mémoire de recherche à rédiger durant 9 mois porte souvent sur une problématique liée à l’emballage. Ainsi, un de mes étudiants en master travaille actuellement sur les « stratégies des achats packaging et le sourcing fournisseurs associé » pour l’entreprise Bic.

En tant qu’universitaire, vous avez rejoint le groupe de travail « Emballages et Logistique » du CNE, pourriez-vous nous dire ce qui a motivé votre intérêt à venir contribuer à l’intelligence collective de ce sujet ?

J’avais connaissance du CNE depuis longtemps, surtout à travers ses publications dans un domaine pour lequel les manuels d’enseignement et des contributions scientifiques, notamment en sciences de gestion, n’étaient pas abondants en 2001, moment où je commençais à enseigner à l’IUT Avignon, Génie du Conditionnement et de l’Emballage. Le CNE est également un acteur important concernant la sensibilisation au développement durable du grand public, à l’image d’Eco-Emballages. La création de votre groupe de travail « emballages et logistique » coïncidait avec l’élaboration – de mon côté – d’une problématique portant sur la qualité logistique envers le shopper. En effet, l’emballage adéquat a le potentiel de contribuer à la satisfaction et à la fidélité du shopper ou consommateur, de la même manière que les caractéristiques intrinsèques du produit (sa qualité, sa fraîcheur, sa fonctionnalité,..). J’étais alors à la recherche, conjointement avec le professeur David B. Grant de l’université de Hull (Royaume-Uni) qui participe à ce projet scientifique, des données empiriques et des experts professionnels afin de confronter la théorie au terrain. C’est en naviguant sur Internet que j’ai aperçu – presque par hasard – l’annonce portant sur la création de votre groupe de travail ; j’avais la chance d’avoir été « au bon moment au bon endroit ».

Vous participez donc activement à l’élaboration du document « Emballages et Logistique », pouvez-vous nous dire quelques mots sur la manière dont vous percevez l’organisation du groupe de travail (animation, réseau, livrable, etc.) ?

L’organisation, la durée et le rythme des réunions m’ont entièrement satisfait. Le travail s’organise avec une grande efficacité, et les progrès et contributions au livrable sont rapidement visibles ce qui est important pour la motivation des participants. Ce groupe de travail constitue une sorte de « centre de compétences » dans lequel les expertises diverses (réglementation, logistique, marketing, fabrication, recyclage etc.) se complètement parfaitement. Malgré nos différences (décideurs publics versus décideurs privés), tous les participants sont animés par le même « ADN » et le même dynamisme autour de l’interface emballage – logistique. Tout cela dans une ambiance très agréable et détendue, à laquelle contribuent autant ses membres de qualité du conseil d’administration, le personnel administratif chaleureux et les locaux parisiens magnifiques. Les exemples, bonnes pratiques et illustrations concrets obtenus grâce aux échanges permettent d’enrichir mes cours pour trouver le juste milieu entre théorie et pratique envers mes étudiants toujours plus exigeants dans un monde qui se transforme en permanence.

Avec un peu de recul, que retenez-vous des missions d’une association à but non lucratif pour le « meilleur de l’emballage » qu’est le CNE ?

Le CNE me semble un excellent réseau d’animation et de communication, impliquant notamment les producteurs, les distributeurs, les citoyens, le monde scientifique et les associations. Un diffuseur de connaissances pour améliorer la compétitivité du secteur, sans oublier l’importance toujours croissante du développement durable.

Comment renforcer cette collaboration croisée de cette relation naissante entre CNE/ESCE au quotidien ?

Je vois plusieurs possibilités : organiser des conférences jointes CNE/ ESCE comme abordé tout à l’heure ; accueillir nos étudiants au sein du CNE ou ses entreprises adhérentes pour un stage et/ ou un mémoire de master; faire intervenir vos experts de l’emballage dans certains cours à l’ESCE; ou bien initier d’autres projets scientifiques avec nos chercheurs en SCM et marketing notamment en partenariat avec le CNE.

Voulez-vous évoquer un autre sujet que vous souhaiteriez développer dans cette newsletter ?

Juste un grand merci d’avoir pu faire partie de cette aventure enrichissante ! Je suis partant pour d’autres projets mutuellement bénéfiques.

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